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Maxi Race Madeira 55km

En ce moi de décembre 2024, il est temps de mettre un terme à cette saison mouvementée.

L'objectif de cette course est d'une part de découvrir l'île de Madère en restant 12 jours sur place, et d'autre part, valider un bloc d'entraînement qui servira de support pour la saison 2025.

En décembre, les compétitions se font plus rares et mon choix s'est porté sur cette course, l'ami et coéquipier Nicolas Gourdon s'y rendant aussi pour courir le 100 km, et n'étant pas un grand fan de la Sainté-Lyon (on ne risque pas de m'y voir de si tôt).

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A 6h du matin le samedi 07 décembre, le départ du 55km de Madère était donné depuis la municipalité de Sao Vicente. Nous partons pour 2h de nuit, voire un petit peu plus, à cause d'une météo pluvieuse rendant la visibilité faible en sous-bois.

Il pleuvinait déjà sur la ligne de départ avec une température de 18 degrés, idéal pour ne pas surchauffer. Nous partons à 5 avec un autre français et trois portugais, mais très vite nous détachons le groupe avec un ambassadeur local de la marche S. J'échange quelques mots avec lui, et une fois arrivés sur la route qui nous mènera pendant 4 km jusqu'à la première ascension, je commence à prendre le large courant à 3'30"/km sur les parties plates. Rien que sur cette section de route comportant des côtes à plus de 10%, je comprend qu'il faudra faire très attention sur les descentes, ayant déjà les appuis fuyants.


Une fois la partie de route terminée, j'arrive sur une grosse côte en escaliers, typique de Madère, avec des sections lisses sur les côtés pour permettre à un 4X4 de passer. Ces mêmes sections lisses étaient inutilisables tellement le terrain était glissant, malgré les semelles Vibram de mes New Balance Hierro V8. Dans cette montée, j'aperçois deux frontales pas très loin derrière et me dit que je dois produire un effort dans les prochains km pour me rendre hors de portée. C'était sans compter sur le premier "levada" (canaux jonchant les flancs de montagne pour acheminer l'eau des sommets vers les cultures).

Ce premier levada n'était pas le plus pratiqué de l'île en randonnée, avec le vide d'un côté, puis l'eau et du rocher en surplomb de l'autre. Je choisis alors de rester prudent et le pas n'est presque plus à la course.

Après cette partie technique et un sentier vallonné bien glissant (boueux), j'arrive au premier ravitaillement du km 10, où je remplis une flasque dans laquelle j'avais préparé de la poudre d'hydratation Naak. Sans perdre de temps, je met le cap sur le 2e ravitaillement du km 24. Cette portion comportait la plus longue ascension de la course, toujours de nuit avec des traversées de rivières et sections où il fallait monter à quatre pattes. Je fournis un bon effort (KOM de la section devant Miguel Arsenio) tout en m'alimentant (que des gels Naak et la boisson d'hydratation sous dosée). La descente qui s'en suit est la plus joueuse de la course également car moins glissantes que toutes celles qui vont suivre (plutôt herbeuse avec des marches dans la terre). Je me perds brièvement dans un village, étant descendu trop bas et ne voyant pas de balises, je remontes et retrouve rapidement des fanions.

Au km 24, je remplis ma 2e flasque vide, et je sens que je peux maintenir mon rythme adopté jusqu'alors. Le jour finit par être franc autour de 9h du matin, où je n'ai plus besoin de mettre ma frontale pour les sous-bois bien sombres. Cette section jusqu'au ravitaillement du 30e km est plutôt montante et bien boueuse. J'arrive rapidement au 30e pour recharger mes flasques et effectue la 2e grosse ascension de la course jusqu'à un levada plus large mais toujours aussi glissant, qui durera 6km et déclenchant une douleur sur mon psoas droit (sans grosse conséquence hormis une baisse de rythme à ce moment). S'en suit une descente très boueuse et technique où je fini par tomber et me fouler l'index tout en glissant sur plusieurs marches. Mais plus de peur que de mal, je repars dans soucis au niveau des jambes.

Avant le dernier ravitaillement (km 39), je sens que les descentes raides (souvent de petites sections de route ou marques en béton), commençaient à avoir raison de mes quadriceps, et je choisis d'être mois agressif sur ces sections, sachant qu'il me reste 16km, donc une section de route de 7km à la fin.

Le ravitaillement passé, il me reste encore 2 gels/6, ce qui voulait dire que je m'étais peu alimenté, et je choisi de prendre du coca dans une flasque pour être certain d'avoir un gel sur la dernière partie. Cette section de 16 km comprenait une première partie très cassante avec trois grosses montées et descentes sur les 9 premiers km, menant à la municipalité de Ponta Delgada. J'arrive à conserver une bonne vitesse ascensionnelle tout en courant toutes les montées, mais les quadriceps sont douloureux à la descente.

Autour du km 44 à Boaventura se tenait probablement un point de passage, puisque j'ai entendu siffler depuis un bar avoisinant une petite place que je traversait. Ne sachant pas si c'était pour moi, j'ai continué mon chemin. Il se trouvait que c'était bien un point de passage mais que les bénévoles n'avaient pas encore monté la tente et étaient encore au café du bar opposé à la placette.

La descente sur Ponta Delgada était un supplice, dans un sentier raide et technique comprenant soit de la boue, soit des pavés, soit de la boue, et je rate même un virage, m'engageant dans un tunnel et donc obligé de prendre la temps de sortir la frontale avant de réaliser que je n'étais plus sur la trace.

Une fois à Ponta Delgada, je savais qu'il ne restait que de la route et un long tempo pour terminer, dont une partie dans le sens inverse du départ. Je ne me doutais pas à quel point les trois premiers km allaient être durs malgré la surface goudronnée, avec des côtes autour de 15%, dont la première devait avoisiner les 60 mètres de dénivelé. Une fois revenu sur les 4 derniers km que je connaissait, je savais que le plus dur était fait. A ce point, j'essayait de courir proprement à moins de 4'/km, sans y parvenir avec une moyenne à 4'10" sur la section de 3 km avec le moins de côtes. Les jambes étaient vraiment lourdes à ce point, avec le psoas et les quadriceps bien entamés. Je finis par franchir le ligne d'arrivée presque anonymement, les organisateurs ayant pourtant été prévenus de mon passage au km 44, ne m'attendaient pas si tôt.


Au final je termine très content de mon effort et de cette préparation qui a porté ses fruits malgré un virus attrapé à peine plus d'une semaine avant. J'étais un peu déçu de savoir que le local de l'étape avec qui j'avais discuté avait dû abandonner au 24e km, tout comme deux autres concurrents qui auraient pu s'intercaler dans le classement. Je termine avec 1h02 d'avance sur un parcours de 55km et environ 2700m de dénivelé en 5h04'. Ces écarts peuvent aussi s'expliquer par les différences liées à la difficulté du terrain, mais forcément les abandons n'ont pas arrangé la chose.

Toujours est-il que je savais que j'allais vraisemblablement le retrouver à courir seul, devant ou pas, avec la variété de ce parcours et les quelques 150 partants.


En résumé je termine cette saison comme je l'entendais, en remettant une petite note de confiance par rapport à ma stratégie d'entraînement et mes capacités sur ces formats autour de 4 à 5h.


Je remercie spécialement Patricio, l'organisateur de la course qui nous a invité Nicolas et moi, et logé dans un superbe hôtel aux côtés d'autres athlètes dont la plupart étaient d'ailleurs français. L'accueil était impeccable et ce genre de compétition plus intimiste et résolument montagnarde reste véritablement ce que je recherche dans ce sport, malgré le maque de densité de coureurs sur celle-ci.

L'organisation a fait de très beaux efforts pour fournir un beau parcours malgré toutes les restrictions de passage sur les crêtes du centre de l'île, suite aux incendies dévastateurs de cet été.

Je recommande vivement cette course et de visiter le Nord de l'île, certes plus humide, mais aussi plus sauvage et arborant quelques unes des dernières forêts primaires d'Europe.



 
 
 

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